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Agriculture bio, en conversion et raisonnée : quelles différences ?

En 2018, la France atteint un record dans le secteur de l’agriculture biologique avec un total de 41 600 exploitations agricoles converties au bio. En effet, la proportion d’exploitations agricoles qui se convertissent au bio explose chaque année. Si certains produits sont certifiés bio, d’autres sont parfois annotés d’une mention “en conversion bio” et d’autres encore mettent en avant un mode de production “raisonnée”. Alors quelles sont les différences entre toutes ces mentions et labels, comment s’y retrouver et surtout que signifient-elles ? On vous explique tout cela. 

L’agriculture biologique 

L’agriculture biologique est un mode de fonctionnement durable prenant en considération chaque acteur de la filière. Un mode de production qui se veut aussi contraire au modèle de l’agriculture conventionnelle. Parmi les grands principes de l’agriculture biologique, on retrouve : la non-utilisation des produits chimiques de synthèse, la préservation des sols, l’amélioration du bien-être animal ou encore le maintien de l’emploi et l’amélioration de la qualité de vie des agriculteurs.

On dit “le” bio ou “la” bio ?
Habituellement accordé au masculin, “le” bio renvoie plus largement au mode de production et à l’industrie de l’agriculture biologique dans sa globalité. “La” bio quant à elle, fait référence à une philosophie soucieuse du respect de la nature et des Hommes. D’ailleurs, certains critiqueront la perte de ces valeurs sociales et environnementales au profit du développement exponentiel de l’industrie biologique. La FNAB (fédération nationale d’agriculture biologique) soutient ce retour au “vrai” bio pour lui redonner ses lettres de noblesse et lui ôter son caractère purement marketing.

Avec un cahier des charges strict et contrôlé, l’agriculture biologique implique de proposer des produits d’une qualité supérieure. Elle s’emploie aussi à adopter un mode d’agriculture extensif et non intensif comme c’est le cas dans l’agriculture conventionnelle. Cela signifie que les rendements sont moins élevés dû à une moindre utilisation d’intrants chimiques et à une juste exploitation des ressources naturelles disponibles. Cette baisse de rendement induit cependant une augmentation des coûts d’exploitation et par conséquent des prix de vente. 

Selon l’Agence Bio, les régions Auvergne-Rhônes-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Occitanie et Pays de la Loire se partagent à elles seules 60 % des surfaces agricoles biologiques. Tandis que la région Hauts-de-France représente moins de 2 % des surfaces agricoles bio dans la part totale des surfaces utiles en France. Côté consommateur, en 2018, plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits bio et près des ¾ en consomment régulièrement (au moins une fois par mois). Ils sont 49 % à en acheter en grande distribution, 34 % en magasins bios et 12 % par vente directe. Par exemple, sur Mes Voisins Producteurs, vous trouverez une gamme de fruits et légumes 100 % bio et de saison provenant directement de producteurs de la métropole lilloise.

Le bio signifie-t-il zéro pesticide ? 

Contrairement aux idées reçues, l’agriculture biologique utilise des pesticides ou engrais à condition que ceux-ci soient d’origine “naturelle” (à la différence de l’agriculture conventionnelle dans laquelle il peut s’agir de produits synthétiques). Près d’une centaine de pesticides et engrais sont ainsi autorisés dans l’agriculture biologique tels que le sulfate de cuivre ou le chlorure de sodium. 

L’agriculture en conversion biologique

La conversion d’un mode de production conventionnel en mode de production biologique demande deux à trois années. Durant cette période de transition, les denrées des exploitants ne sont pas vendus avec le label AB. De plus, deux types d’aides sont mis en place : l’aide à la conversion en agriculture biologique (CAB) et l’aide au maintien de l’agriculture biologique (MAB). 

L’agriculteur en conversion bio doit respecter les normes de l’agriculture biologique, se soumettre à des contrôles fréquents d’organismes certifiés (comme Ecocert ou Qualité France) et notifier son activité biologique auprès de l’Agence BIO. Une fois ces étapes effectuées, l’exploitant agricole pourra obtenir son label AB et commencer à commercialiser ses produits bio.

L’agriculture raisonnée

L’agriculture raisonnée cherche à répondre aux impératifs de productivité tout en prenant en compte les préoccupations environnementales. Les denrées issues de l’agriculture raisonnée ne peuvent prétendre à être qualifiées de “biologiques” car elles ne répondent pas à toutes les conditions du cahier des charges de l’agriculture bio. Elles peuvent toutefois être indiquées par un logo AR (pour agriculture raisonnée). À mi-chemin entre agriculture biologique et agriculture conventionnelle, l’agriculture raisonnée peine à trouver sa place dans le secteur agroalimentaire.

Un modèle pérenne ?

Le terme d’agriculture raisonnée est apparu en 2002 mais sa définition semble incomplète et son encadrement partiel. Pour définir les limites et imposer des contrôles plus fréquents, l’idéal serait de créer une charte à l’image de l’agriculture biologique. En effet, l’agriculture raisonnée peut induire en erreur le consommateur par confusion avec le bio. En s’imposant moins de contraintes, l’agriculture raisonnée peut aussi apparaître comme un concurrent déloyal à l’agriculture biologique. Ceci justifiant la nécessité d’instaurer un cadre clairement défini pour assurer un développement pérenne à ce récent mode d’agriculture.

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